Préparation de la deuxième phase du plan national de lutte contre la fracture numérique 2011-2015
En une trentaine d’années, les technologies de l’information ont révolutionné nos modes de production, de gestion et de communication. D’abord présentes au niveau du monde du travail, elles ont petit à petit envahi la sphère privée.
Ces nouvelles technologies s’imposent aujourd’hui comme un standard dans notre manière de s’informer, de communiquer, d’établir des liens sociaux, de travailler, d’acheter, de mener des démarches administratives, de se divertir... Leur impact sur notre vie quotidienne est donc loin d’être neutre, avec des côtés indéniablement positifs pour tous ceux qui les maîtrisent.
Mais aussi avec des nouvelles formes de vulnérabilité et d’exclusion pour les personnes qui n’ont pas accès à ces technologies ou n’en connaissent pas ou peu le fonctionnement.
Cette fracture entre ceux qui bénéficient des bienfaits de l’Internet et ceux qui en sont exclus est rapidement apparue comme problématique, car elle est source d’inégalités en termes d’accès au travail, à l’éducation, à divers biens et services, à l’exercice de la citoyenneté…
Elle est ainsi devenue un réel vecteur d’exclusion sociale.
Afin d’y remédier, un Plan d’action national de Lutte contre la fracture numérique a été adopté fin 2005, par le gouvernement fédéral et les entités fédérées. Celui-ci a permis de structurer les actions et les politiques par rapport à un enjeu social majeur et des objectifs communs. Dans le cadre de leurs compétences, les entités ont pu donner une nouvelle impulsion à leurs interventions respectives et développer de nouveaux projets, dans une dynamique nationale.
Le Plan d’action comprenait deux phases distinctes, chacune d’une durée de 5 ans. Pour lutter efficacement contre la fracture numérique, il est apparu important à l’époque d’inscrire les actions sur du long terme, mais sans pour autant les couler dans des décisions rigides. En effet, les technologies de l’information évoluent continuellement, la fracture numérique n’est pas un phénomène figé.
La première phase arrive à échéance fin de cette année. Afin de poursuivre la dynamique enclenchée en 2005, une deuxième phase 2011-2015 doit être élaborée.
Avant de se pencher sur le futur, un regard sur le passé et une mise en perspective de l’action menée s’imposaient. C’est l’objet de la commande qui a été passée aux équipes de la Fondation Travail-Université (Namur) et de la Katholieke Hogeschool Kempen.
Leur travail a porté sur l’évaluation du Plan 2006-2010, mais aussi sur une analyse des travaux et des programmes récents, belges ou étrangers, concernant la lutte contre la fracture numérique. Au regard des évolutions récentes concernant cette problématique, leur mission comprenait également la formulation de recommandations pour un prochain plan.
Dans la rédaction de leur rapport, les chercheurs ont tenu compte de l’expertise institutionnelle et du monde associatif, en matière d’inclusion sociale, de lutte contre la pauvreté et contre la fracture numérique. Afin de coller au plus près à la réalité, j’ai en effet souhaité que ce travail préparatoire puisse relayer l’avis des acteurs de terrain sur la vision à inscrire dans la deuxième phase du plan, les publics cibles à viser, les objectifs à atteindre…
Ceux-ci sont venus nombreux pour participer aux workshops organisés par les équipes de chercheurs. Je tiens à les remercier vivement pour leurs apports qui ont été riches en enseignement.
Je tiens également à remercier chaleureusement les représentants des entités fédérale et fédérées qui ont participé de manière constructive au comité de suivi de ce rapport, ainsi que les équipes de chercheurs pour le travail de qualité qu’ils ont livré.
Le rapport sur la préparation de la deuxième phase du plan national de lutte contre la fracture numérique 2011-2015 est aujourd’hui terminé.
Le document que vous tenez dans les mains n’en est pas pour autant le texte définitif de cette deuxième phase. Grâce à la collaboration fructueuse menée avec tous les acteurs politiques, institutionnels et associatifs concernés, il constitue une formidable source d’information et de réflexion, ancrée dans l’actualité des technologies de l’information et de la communication, ainsi que la réalité de terrain. Les propositions des chercheurs pour un futur plan constituent de réelles pistes d’action.
J’invite maintenant les entités fédérales et fédérées à s’en saisir dans le cadre de la Conférence interministérielle et à s’en inspirer largement lors de l’élaboration de la deuxième phase du Plan national de lutte contre la fracture numérique.
